"Lâcher-prise" : cette injonction qui ne lâche rien !
- sandrinemichaudel
- 26 déc. 2025
- 4 min de lecture

« Mais quand vas-tu enfin lâcher-prise ? »
Mais oui bien sûr… je n’y avais pas pensé !
Comme si c’était simple.
Comme s’il suffisait d’y penser pour passer enfin à autre chose.
Le lâcher-prise est devenu une injonction moderne. Une formule magique censée calmer les tempêtes intérieures, réparer les cœurs et apaiser les attentes.
Pourtant, qui sait vraiment, comment lâcher-prise ?
Qui peut honnêtement dire : « J’ai décidé de lâcher-prise et je l’ai fait »
Je crois profondément que le lâcher-prise ne se décide pas.
Il ne se fabrique pas.
Il ne se force pas.
Un jour, parfois, on se retourne… et on constate que c’est fait. Ou pas…
Le paradoxe du lâcher-prise, c’est qu’il est à l’opposé de l’action.
Ce n’est pas faire ! C’est cesser de faire !
Et plus encore : c’est laisser tomber quelque chose que l’on tenait pour essentiel.
Alors forcément, on résiste. On s’accroche.
Parce que lâcher-prise, c’est une forme de deuil.
Le deuil d’un projet, d’une situation.
D’un rêve.
D’une relation.
Parfois d’une version de soi.
Et pourtant lâcher-prise ce n’est pas abandonner.
Ce n’est pas fuir. Ce n’est pas cesser d’aimer, ni cesser d’espérer…
Ce n’est pas oublier non plus.
On ne renonce pas à ce qui a compté. On renonce à vouloir le retenir.
On ne renonce pas à l’espoir. On renonce à l’attente qui fait mal.
On ne renonce pas au lien. On renonce à ce qui nous coupe de nous-mêmes.
On ne renonce pas à la lumière. On renonce à la peur de l’obscurité.
On ne renonce pas à la vérité intérieure. On renonce aux illusions qui l’étouffent.
Lâcher-prise est un acte de tendresse envers soi-même. C’est un geste intérieur doux, parfois invisible, mais profondément courageux. C’est accepter que l’on ne peut plus continuer à retenir ce qui s’en va, ce qui n’est déjà plus là et qui fait encore mal. C’est transformer la douleur en leçon, la perte en liberté et la fin en commencement.
Et parfois on n’est tout simplement pas encore prêt !
Parce que lâcher-prise, c’est aussi accepter une vérité essentielle : parfois, ce n’est pas le moment !
Pas parce qu’on est faible.
Pas parce qu’on résiste mal.
Mais parce que c’est encore trop tôt.
La douleur de l’absence, l’espace de la perte, ont parfois besoin de laisser leurs empreintes un peu plus longtemps. Parce qu’il y a ce besoin de les ressentir, de les respirer, de les traverser encore un instant. Non pour s’y perdre, mais pour qu’un jour, quand ce sera juste pour soi, cela puisse être libéré.
Lâcher-prise, ce n’est pas se violenter. C’est respecter son rythme intérieur. C’est reconnaître que certaines choses demandent du temps, de la présence, et beaucoup de douceur.
Perdre ou se retrouver ?
Peut-être que la solution n’est pas de "lâcher", mais d’aller à la rencontre de ce à quoi l’on s’accroche ?
À quoi dois-je réellement renoncer ?
Que vais-je perdre vraiment, si je lâche ?
Quelle peur se cache derrière cette obstination ?
Et après… que va t-il rester derrière ce renoncement ?
C’est dans cette exploration vers soi, que le chemin peu devenir intéressant. Car ce n’est plus une lutte contre soi, mais une redécouverte de soi.
Explorer ses blessures.
Ses croyances.
Ses loyautés invisibles.
Ses valeurs et les histoires que l’on se raconte sur soi !
On ne s’accroche jamais à rien par hasard. Il y a quelque chose qui résiste malgré soi.
Tous ces moments où l’on voudrait lâcher… sincèrement. Mais quelque chose retient, contre la volonté et l’envie d’avancer.
Et l'intuition dans tout ça...
Au coeur de ce voyage vers soi, nos émotions sont de précieuses messagères.
Elles sont souvent la porte d’entrée, comme une boussole intérieure qui indique ce qui compte vraiment.
Ce qui a compté.
Ce qui n’a pas encore été accepté.
Lâcher-prise, renoncer, perdre, passer à autre chose…
Ces mots font peur parce qu’ils parlent de vide. D’absence et d’inconnu.
Alors on reste sur le quai.
Dans l’attente d’un signe.
D’une réparation.
D’un message... qui n’arrivera peut-être jamais !
On s’accroche, on s’épuise à retenir ce qui était déjà parti.
Et pendant ce temps… la vie passe.
Pendant ce gèle, cette sidération, le monde continue sa course.
On ne lâche pas prise !
On se retrouve.
On apprend à respirer autrement.
On comprend que certaines choses ne nous appartiennent pas, que certains chemins ne se forcent pas, et que certaines réponses n’arrivent qu’au silence.
Vous l’aurez compris, lâcher-prise n’est pas un objectif… c’est une conséquence.
La conséquence d’un chemin vers soi.
D’une honnêteté intérieure.
D’une rencontre sincère avec soi, avec ses masques, ses blessures, ses attentes…
Quand on se choisit vraiment, quelque chose se relâche.
Sans effort.
Sans violence.
Parce qu'un jour... la paix intérieure devient plus précieuse que l’attente.
Plus précieuse que la lutte.
Plus précieuse que l’absence.
Et peut-être que le vrai lâcher-prise commence là : non pas dans le fait de perdre quelque chose, mais dans le fait de se retrouver soi.
Et parfois… quand ça lâche, la vie répond autrement !
C’est troublant, presque mystérieux.
Parfois, c’est au moment où l’on renonce, que ce que l’on n’attendait plus, arrive...
Quand le lâcher-prise est réel, quand il naît d’un renoncement doux, d’une acceptation profonde, alors, quelque chose se détend dans l’espace intérieur.
Ce n’est pas une récompense, c’est une circulation retrouvée.
Le lâcher-prise ne provoque rien. Il ne garantit aucun résultat.
Il enlève simplement les barrages.
Alors parfois dans cet espace rendu libre, la vie trouve un passage.
Et rend parfois possible ce qui ne l’était plus...
Un espace pour explorer, en douceur
C’est dans cet esprit que j’ai créé un atelier sur cette thématique du lâcher-prise.
Un espace pour aller à la rencontre de ces chaînes invisibles qui empêchent le renoncement. Ces attachements subtils, souvent inconscients, qui nous retiennent même quand le besoin, d'avancer devient une évidence.
Cet atelier est une invitation à se reconnecter à soi, dans la douceur, la sécurité, et la bienveillance.
Pas pour forcer…
Mais pour comprendre.
Ressentir.
Accueillir... et continuer de rêver !
Parce que parfois, il suffit d’éclairer ce qui nous attache pour que,
naturellement, quelque chose se desserre et se libère.
Toutes les dates des ateliers sont disponibles dans la partie "Parcours découvertes : Émotions", Atelier LÉTHÉA : Laisser faire et laisser être !




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